Rôle des TIcs dans la Gouvernance: Cas de l’Afrique.


Les technologies de l’information et de communication (TIC) ont évolué créant ainsi de nouvelles opportunités visant non seulement à atteindre des niveaux de développement plus élevés mais aussi à réduire le nombre d’obstacles classiques (liés au temps et à la distance) en particulier dans les pays de l’Afrique. « Personne ne nie plus l’utilité d’Internet et du téléphone en Afrique, même si les problèmes de base – approvisionnement en eau, énergie et alimentation – ne sont toujours pas résolus » (Chéneau-Loquay, 2010, p.95).

En effet, les TIC donnent à l’Afrique l’occasion de «sauter les étapes du développement», « d’accélérer sa marche vers un avenir meilleur » et de «faciliter le grand bond technologique» (Bonjawo, 2002, p.18, p.145). Dans ce cadre et selon les statistiques de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), l’Afrique a enregistré pendant la période 2005-2010 le taux de croissance annuel cumulé le plus élevé du monde pour ce qui est de la pénétration de l’Internet (34% en Afrique contre 26% et 18% respectivement dans les États arabes et en Asie-Pacifique) et des abonnements aux services mobiles cellulaires (27% en moyenne en Afrique contre 25% en Asie-Pacifique et dans les États arabes, 12% dans la région Amérique et 6% en Europe).
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Cette croissance a été expliquée en grande partie par le développement rapide et soudain des matières premières et par la libéralisation des marchés. Ainsi la prépondérance de l’information et la connaissance est devenue une caractéristique essentielle des pays africains (Tshimbulu, 2001). Parmi les TIC, Internet se trouve en haut de l’échelle. Cette technologie a créé dans les pays d’Afrique de nouvelles exigences au niveau des choix politiques nationaux. Pourtant, la fracture numérique que cause Internet comme opportunité de développement, est toujours présente dans les pays d’Afrique. Cette fracture numérique peut être expliquée en grande partie par l’existence de plusieurs obstacles pour la population africaine tels que le coût prohibitif et les réseaux épars et non interconnectés de télécommunication (Jensen, 2002), les facteurs systémiques externes tels que l’électricité, les réseaux de transport et les droits d’entrée (Jensen, 2005).
2D’un autre côté, les pays d’Afrique ont leur propre conception de l’exercice des droits et libertés individuels et collectifs par leurs peuples et interprètent différemment la bonne gouvernance. Cette dernière est souvent synonyme de décentralisation. Toutefois, les États africains doivent systématiquement prendre en ligne de compte la gouvernance économique, politique et administrative. Ainsi l’application des TIC à la bonne gouvernance se justifie par la nécessité de mettre en œuvre des procédures transparentes afin d’améliorer le processus de décisions ayant une incidence sur les activités économiques du pays et sur les relations économiques avec les autres pays.
3Ainsi, l’objectif de cette recherche est de montrer si les TIC conditionnent et exigent l’adoption de certaines formes de gouvernance macroéconomiques ou si se sont au contraire les structures de gouvernance mises en place qui conditionnent l’accès et l’adoption des TIC.

Dans cette étude, la gouvernance en Afrique est approximée par les six variables définies par la Banque Mondiale. Ces dernières sont regroupées en trois grandes catégories. La responsabilité qui inclut voix et responsabilité ainsi qu’instabilité politique et violence. La transparence qui renferme l’efficacité du gouvernement et la qualité de la réglementation. L’intégrité qui représente l’état de droit et la corruption. De plus quatre variables, telles que définies par la Banque Mondiale, ont été retenues pour approximer les TIC en Afrique : le nombre des ordinateurs, le nombre des utilisateurs d’Internet, le nombre de personnes ayant des téléphones mobiles et le nombre de personnes ayant des téléphones fixes.

5Dans une première section nous présenterons les caractéristiques de la gouvernance en Afrique. Dans la deuxième section nous décrirons l’état des lieux des TIC en Afrique. Une troisième section exposera les fondements théoriques de la relation entre la gouvernance et les TIC. La quatrième section sera réservée à la présentation de l’échantillon, des variables et de l’approche méthodologique. Les résultats empiriques seront présentés dans une cinquième section.

Lire la suite ici: https://www.cairn.info/revue-recherches-en-sciences-de-gestion-2011-5-page-63.htm#

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